14 mai 2008

Elle sort de chez elle à tous les matins, à la même heure. Ses cheveux sont bien mis. Aucun pli sur ses vêtements. Elle émane la stabilité se parfume de routine. Elle ne se rend pas compte qu’il y a un nouveau soleil. Que ce ne sont pas toujours les mêmes oiseaux qui chantent. Elle ne voit plus sa maison ressemblant à toutes les maisons. C’est une banlieue construite en un bloc. Rien ne sort de l’ordinaire. La norme est régulée de bord en bord. Les rues ne sillonnent pas l’horizon. Elles sont faites comme des grandes allées d’un centre d’achats. Et sa vie à elle est bien rangée. Son mari est bien rangé. Ses enfants sont bien rangés. Des amis comme il faut. Une vie comme il se doit. Sans rien ajouter. Pas de parole pas de pensée insensées. Rien ne dépasse. Tout est égal. Impeccable ligne droite.

Comme tous les matins de la semaine qui s’égrainent machinalement elle se creuse un moule épousant sa forme. Peu à peu, à force de se vider l’âme, un sillon long comme la mort apparaît. Un cercueil confortable. Bien rangé.

Mais elle, elle ne voit rien. Tout cela est trop loin. Dans sa tête, il y aura toujours un autre lendemain.

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1 commentaire
  1. Félix a dit:

    La subtilité de la mort, sa magnificence dans quelque chose d’ordinaire. C’est pas toujours des accidents de la route qui font le deuil. Celui-là est beaucoup plus lourd mais passe inapercu, meme dans la vraie vie…

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