10 juillet 2008

avais si hâte de t’entendre juste me dire comment tu trouves le fleuve quand tu passes avec ta Westfalia peinturée au rouleau sur le pont Champlain quand tu reviens de tes livraisons nocturnes les phares de tes dettes s’empilant sur les vieilles banquettes recouvertes de couvertures de l’Armée du salut données un soir de verglas

avais si hâte de sentir ta barbe pas faite toute piquante frôler mes joues pour me dire bonjour en riant sur le bout de ton nez tes barniques rondes à la John Lennon, ton torse tapissé de ton ample poncho datant de nos folles escapades au Pérou

avais si hâte que sur la pointe des pieds tu te glisses près de moi me plaquant tes mains gelées sur mon ventre me faire sursauter m’accrocher à ton cou tes larges épaules me rappelant les grandes montagnes des Andes le lac Titicaca ramené dans une petite bouteille vide de Jack Daniel’s bue une soirée à regarder les étoiles comme deux zouaves ébahis

avais si hâte pas grand chose m’aurait retenue pour te suivre t’es parti trop vite ne m’as pas attendue tu voulais voir le soleil se lever ne pas manquer les premières lueurs du bout du monde t’es jamais revenu t’es resté là-bas les bras en l’air à essayer d’attraper la beauté du moment qui passe

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