8 octobre 2008

le dos voûté la tête rejoignant les genoux le corps pareil au roseau
le haut du front replié sur le crâne il y a des remous le ressac
des racines cuir chevelu clairsemé
les pas tels des avancées triomphales une bataille armée dans les champs désertés par la neige
le froid enfermé dans le fond d’une boîte de conserve

c’est un vieil ancêtre il a connu les ancêtres de nos ancêtres et le décompte de ses nuits poussiéreuses à essuyer des revers somnanbules ne se comptent plus
sa peau s’épeluche pèle s’aplatit translucide telle l’effacement d’une ancienne construction vigoureuse
les os grincent à chaque mouvement imprévu des craquements nerveux meublent la salle à manger aux couverts protégés
intact le vaisselier chambranle lorsque les troupeaux d’anciens soldats s’animent
l’armée ensevelie dans les tranchées boueuses un soir lugubre de la Première Guerre

maintenant la cire occupe son visage reconstitué d’un regard neuf
il tapisse ses espoirs de photos vieillies le temps d’avaler son passé aux obus tirés en noir et blanc

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