22 novembre

suis dans le métro Berri
on baigne dans une chaleur suffocante
ça sent les tunnels le renfermé les rats d’égout le reflux gastrique les impotences sarcastiques l’ivresse la monnaie sale et le refuge global
n’y a pas de machines à sous mais c’est tout comme les guichets à caissiers fermés barrent les tourniquets à coup de matraque derrière la vitre un macaque clandestin ne sachant plus épeler d’autres choses que les règlements d’indignations suppliées les gardiens de sécurité fouillant du regard les marauds dépourvus d’identité leur carte dévoilant l’absence de leur innocence
des vieilles dames en papier mâché remisées sur des bancs usés surexploités par les fesses lâches ou fatiguées
il n’y avait plus d’eau au dépanneur l’heure était dépassée par le propriétaire aux propriétés hybrides
des paniers de Noël clinquant les passants pressant la presse empressée

suis dans le métro Berri
entre les stations entre les wagons coincés dans des lignes orange ou verte
il y avait des signes réfractaires aux rosées de l’aliénation
les écrans géants projetaient sur le large une étendue allongée
en diagonale la vision nette et droite de la propulsion de ma propre mort l’accrochage latéral d’une poussée mal intentionnée à la station Berri direction Montmorency
la voix automatique annonçant systématiquement une interruption de service
intervention ambulancière chahutée trop tôt par une indifférence généralisée

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