6 janvier

la marche était haute une pente abrupte avant d’entamer la réelle montée le filage rondement tendu entre les points d’arrivée sa vieille boussole déboussolée cabossée aux allures de navigateurs conquistador la grosse moustache penchée sur les directions outre-mer elle tenait en équilibre au-dessus du vide marchait sur la pointe des pieds dans la douce parure funambule d’effleurer le support comme une mise en suspension la matière oubliée une fraction de seconde le coeur aux battements ponctués à un rythme régulier pour une concordance parfaite d’un parcours calculé la symétrie du mouvement des bras balancement des hanches à l’angle des rotules en escale à tour de rôle l’engrenage épuré le long du fil de fer quasi invisible l’interruption totale des bruits ambiants et des distractions routinières focalisation concentrique sur ses sens en alerte

elle savourait sans attache sa soudaine liberté sa vie mise à l’écart sur la sellette un pari sans filet pour vaincre le néant mais pourtant le réel se secoue bourrasque imprévue de l’instable moment présent chez qui la jalousie d’un équilibre ébranle le penchant au désordre à l’imprévisible portail ouvert elle le pied écarté la plante du pied insoutenable l’appui filaire en fuite elle d’un instant libre trop libre persécution concrète de la femme fumée folle ayant rêvé d’être légère comme l’air

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