5 février

la poésie la tienne la mienne
celle qui ne se partage pas
celle qui se partage tant elle fait mal
tant elle vit vite et violente et verte et violette
elle tambourine trimbale en elle le courant viral
elle sait se servir de son sang
suave elle boit
et s’assoit un instant
pour se contempler

ma poésie n’est pas la tienne
n’est pas la nôtre la note en moins
amalgame en lettres d’humains
gouache ou réglisse au chocolat
ta place n’est pas loin
elle est en moi
mais tu ne trouves pas
mais tu ne t’ouvres pas
c’est elle c’est moi c’est celle
qui est derrière toi

et ça sonne comme des milliers
de canons chargés
sa chair à nous prête à manger
sur de succinctes esquisses esquivées tu n’as pas vu elle s’était retournée

ta poésie ou la nôtre
celle qu’on a baptisée
la sienne ancienne
la vôtre rapaillée
trucide ton attente en forme de tulipe
et moi la ramasse
pour la planter ailleurs
là où il fait rouge beau soleil
où il fait noir tard le soir
toute seule les trottoirs meurtris à t’attendre tendre triste et éparpillée

ma poésie la tienne la mienne
celle qui ne se partage pas parce qu’elle sommeille
ma mort ta vie ta mort ma vie toutes recueillies au sein du même recueil
écueil trouble d’une saison écartelée

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