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août

frousse brousse l’or la fureur du paysage flambe l’arrivée de l’être homicide dans le formol l’outil façonné fresque farouche fleur florilège sortilège sorti du fond du trou trouver la raison d’être le champ change la chaîne suivante entasse les faits surfaits les traitent se taisent et traire au plus vite le pis du veau séparé de sa mère broyée la banqueroute tracée sur le front frêle des ciels d’Afrique les machines chantent déchiquettent la décadence détruite au bulldozer il n’y a plus de films farouches les sous-titres ne fournissent pas la tempe traduite en justice les tambours se font la guerre garantissent les gares au garde-à-vous il n’y a plus de vie sur terre soustraire le subtil songe sagement gardé et encore rabrouer les mémoires de l’homme somnifère se battant pour savoir qui gagne remporte le plus de frics la clique clapote tandis que l’avenir s’unit au fratricide pesticide dru

frousse brousse l’or s’oublie s’étale les nuits noires transpiration au désespoir prouvez-nous le tord que nous vous avons fait et priez très fort qu’on vous pardonne étrange univers au ventre enfariné la famine des mineurs la contamination du damné condamné à l’exil diffamation aux contentieux des millions moulus dans l’uniforme du bourreau – Noir Canada et son drap peau d’âne nouée comme une poulie qui se plisse sous la corde pâle se plier l’âme plate les débats battus se débattent délibérément dans l’attente impénétrable de l’épuisement massif des masses la massue massive soulevée dans l’imposture postée à la censure lentement censurée susurrée sous les regards sourds des démocraties crasses

l’attente meuble l’espace
n’y a pas de place pour un grain de sable
le gravier est déjà passé
le mur froisse
la tapisserie pleine

l’attente meuble l’espace
l’ouverture de la garde-robe
le miroitement des tiroirs

accalmie ou simple accommodement du mobilier
de l’autre côté du corridor
un mort embaumé attend

fendre l’air ça siffle au loin
tu reviens au point de départ
là où on s’était croisé la première fois
tu avais ta chemise fraîchement lavée
elle était blanche comme de la porcelaine
un grain de beauté surligné
par tes yeux longs et noirs
le parapluie ouvert sur nos chemins croisés
un temps gonflé les nuages d’octobre jugulent

tu semblais vouloir me reconnaître
ta main portait nos cicatrices
derrière la vitre
on se cherchait encore

à la sortie du supermarché
un parc en asphalte
un quadrillé de lignes grasses
muselières parallèles blanches
une filée de carrosses
alignement métallique
froide diligence
une pancarte mal vissée
qui couine au vent
comme un rire de poêle à frire
l’enseigne néons terrassés
deux vieillards enlacés
traversent l’îlot
les yeux enfouis dans les poches
de la tourbe mal plantée
toute égale
pas un coin rond au carré
la cigale a beau crier de toutes ses forces
l’allée de cannages ne bougera pas
les congelés à outrance
obéissant docilement
à la montée de lait
des veaux estropiés
et des petits immigrants aux champs
payés pour crever
à cinquante cents la livre

la devanture se lève l’ouvre la quête se découvre la table à quatre pattes échancrée sur une béquille
l’ironie jaune en bikini se promène la foire l’éléphant tend la trompe troubadour endiablé les coeurs de ses cartes trichent
la jungle gambade déambule sur les trottoirs de New York Central Park au coin de rue les taxis carburant au café cubain
trois grands galets planqués sur les marches défraîchies du dépanneur d’à côté les bouteilles de bière bues la broue dans le toupet
une lumière rouge qui ne finit plus le policier aux grosses lunettes fumées le cigare pendu à la lèvre basse grasse boulimie braquée
l’autre bord la madame aux bourrelets en macramé posée en équilibre sur un bicycle mauve les pneus épuisés les guidons ronds
sur le toit la terrasse bricolée pour des ramasseurs d’or un colimaçon traverse pendant que l’envie de tomber devient dru
le vendeur de char se lançant en bas un saut en bungy pas couvert par les assurances les créanciers ont mal passé le huissier se hisse dans les craques du fauteuil
des mascarades et une file d’attente des points boni à ramasser pendant que le barbier continue à dépoiler et que le boucher dépèce

il est venu vers elle
ne la connaissait pas
elle avait la peste
lui la choléra
il la trouvait belle
elle le trouvait beau
n’y avait que la neige folle au front gercé
couchée sur des tonnes d’azur empilées d’eau
ne fallait pas craindre
il lui disait de rire
elle le priait d’aimer
n’y avait que le temps d’entrevoir l’ivresse

il est venu vers elle
ne se connaissaient pas
la peste sur elle
et lui la choléra
se sont enfouis leurs membres
couchés sur des lattes de bois
se sont mis à attendre
lui rivé sur elle
elle blottie sur lui
les lèvres effleurées
comme de longs déchirements

samedi la journée est jeune la peau pèle pamplemousse à vif
volte-face chevaline
le vent lève les linges virevoltent

samedi la journée est jeune le cheval court le crin courbe
liberté fondue au fer chaud
l’enclos clôturé l’encolure coulante
le noeud est dégagé

samedi la journée est jeune et la demoiselle à la longue crinière
s’enchaîne à la fougue équestre

transfère le flot qui fulmine
dans des galops démesurés

le dos rebelle ou la cambrure du souffle
se soulève et la jupe s’ouvre
comme un parachute fragile