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février

l’air resplendi pendant qu’on attend le métro une orange pleine se suffit à elle-même transparaît entre les rails le train tonitruant couvre son sel se déplace sans la déplacer

en haut les enfants roucoulent l’en train comme un don de soi la vie ce n’est rien de plus que cela qu’une immense orange perdue offerte par la grâce du plus pur hasard ou d’une distraction diverse pulpes regorgeant de couleurs vives bravant l’électrification des passages affolés des heures

fruit de vie affrontant les tons ternes d’un combat à mener

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t’ai vu ta tête folle remplie d’idées les mains dans les poches t’avais la mine d’un frère au crâne rasé chauve reluisant les phares d’une ville fragile aux paupières étanches t’ai vu tes petites lunettes rondes à la John Lennon tu pensais mieux avec ces verres polis lentilles sensibles aux infrastructures aux infractions nombreuses l’abus t’inspire la pitié tu pleures l’idéal les formes humaines douces et sages infarctus traversant les siècles ou les rides d’imperfections

peux-tu t’asseoir te plier en deux retirer tes yeux profonds et noirs

prière de s’éloigner zone sinistrée des morceaux de vitre partout comme des marées d’éclats

peux-tu te relever ton siège n’étant pas réservé il m’a fallu t’enlever propulsion parachute sur un sol aux fenêtres renversées

sensualité sucre d’orge
zeste d’orange sanguine
fleur de citron
quartier fruité
la croupe suave
dans des courbes d’aromates indiens
le troisième oeil suspendu
sur du rouge pudeur
ta soeur ta mère l’amie
sous les mêmes voiles
tirés en retrait
la mine du masque
aux multiples facettes
et mes présences s’insufflent
dans les replis sublimes
brises passagères
de vos leçons millénaires
s’insufflent dans des grains sensibles
d’une peau parchemin
fine et légère

il s’énerve
elle n’a même pas parlé
sa tasse à moitié pleine
le St-Laurent se jetant
sous l’allée
au retour
il agite ses baguettes
au-dessus de sa tête
elle le prend au sérieux
projette des salles d’attente
sur ses lunettes soleil
garde le calme
en alerte
il enfle
ses yeux aux fuseaux rouge centaure
la langue sifflant entre ses dents
sa forte haleine
haine crispée
elle s’étouffe
la gorge se noue
renoue
pendant qu’il fulmine
rompt ses dernières chaînes
elle superpose
les futures éclipses
les rassemble les dépose
à la lisière de toute violence
conjugale conjuguée où chaque conjugaison souffre

tu traverses des moments difficiles
syndrome de l’intrus
sentiment autodestructeur
d’être de trop
n’avoir que trop peu d’attentes
et décevoir tout le temps
se décevoir
lutter contre son jugement
qui se juge
s’afflige de fautes
rejets pensifs et mensongers
où la prohibition d’une vie
borderline
pète les plombs
chaque instant au bord
de la panique
abandon béant
paroles laconiques

tu t’es enterré vivant
prenant une par une
les mises à mort
de tes idéaux

éclairci des horizons

entre les nuages ça sent bon parce que c’est le printemps planté dans chaque pied c’est le ciel qui gronde la musique éclaire il y a des temples multicolores des chapiteaux supportés par des elfes et des lions ailés c’est l’apocalypse au fond du trou des fragments de sentiments profonds sublimés trente ans moins deux étreintes vingt-huit soubresauts insaisissables le décor sonore empli d’amplitudes démesurées

assombrissement du rideau