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janvier

dans le lit posé sur l’oreiller empli d’un duvet doux une perle en équilibre à peine plus légère que le blanc qui l’embaume la taie d’oreiller brodée à l’ancienne de gros traits grossiers de fils fluides la ligne du temps cousue soigneusement à la machine un matin de rien où moi tranquille au lendemain de nos infâmes retournements les traces presque effacées ancrées par le passage blême des hydravions couleur soleil se reposant sur les flots d’une boucle un peu rebondie le courant bien chaud des ondes charismatiques nous transperçant dans la mince courbe formée par l’empli du poids rescapé à l’échappée bijou précieux suspendu

à l’ornière d’un cou dénudé la chair beige présentée au présentoir du présent indiqué sur l’affiche en français le pronom imparfait le haut du cou menant vers un menton en chardon aux étroites dimensions silencieuses

dans le lit au creux du mystère se plante la perle du nombre de doses circulant à l’interne entre le matelas peu expérimenté et l’embryon aux hormones de morphine allant chercher Morphée le plus tôt possible la coucher près de soi puis supporter sa robe aux jambes affirmées la contempler elle la bruine collée aux fenêtres et le grand jour s’égrainant sans faire de miettes

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ça suinte dans les barreaux la mort ou plutôt non une peur bleue dure comme fer frôlant la dérision l’état mental du déchu c’est à genoux que ça se passe habituellement habité par des ampoules crues qui clignotent

de percer les couches durcies le long des longs corridors hurlants les genoux fracassés mis à vif sous le jugement pénal la sentence prononcée à outrance dans un langage surhumain surexpressif surestimant la justice blindée par les hommes de sa race dérogeant l’espérance de s’évader un jour de s’évader non car il n’y a pas d’issues lorsqu’on est un crime il n’y a pas d’issues le crime a la tâche lourde à porter des boulets enchaînés tout le tour des deux chevilles

ça suinte dans les barreaux la mort ou plutôt non une peur bleue carcérale les pensées surveillées en veille suicidaire dans un état de conscience contrôlé

grandes fenêtres rondes
ovale sentiment d’une intensité méconnue

averses intermittentes
où le soleil cherche son passage
cherche au travers la masse accumulée

sang de dragon rouge lance-flamme
puits aérien
puisé à même la fontaine
à la source
lumière en fuseau

abréger la course
l’extraire en unité
la modeler
en faire un feu d’artifice

s’abstenir au devenir de la surcouche
la panse détrempée
sur du papier pente à crayon

zigzag effilé — sourire papillon — état gazeux
au bout — une enclume

il ne faut pas l’interrompre elle dit les choses comme elle les sent ne fait pas tellement confiance aux bruits racontés se fonde surtout sur ses nerfs tendus en corde raide elle écoute dans son sommeil et prévient les siens lorsque l’arc crie trop fort sur le bord de déployer ses flèches à répétition elle sait viser le centre de toute cible sans pour autant s’esquiver parfois elle disparaît pour revenir tout de suite après la fête bien pleine de nouvelles bordées de neige

la feuille de chêne aux bouts arrondis surprend par sa forme perdure à en perdre haleine se prouve à elle-même la force à venir et les collectes de croisées nous regardant à tour de rôle dans l’objectif plutôt caché d’apprendre les codes mnémoniques d’une survie non préméditée

loufoque tentative de s’abstenir
ablation littéraire la bride bien tenue du pauvre partage des lettres
scribe à la chandelle où le pot d’encre s’entrepose en silence
trésor relié par des fils d’or les pages fines telles des étincelles folles
il n’y avait pas d’escabeau pour atteindre les rangées supérieures
grimoires à l’effigie d’anciennes armoiries
où les lances les épées les chevaliers intrépides s’agrippaient aux devantures larges des croyances à défendre
personne ne plissait les yeux quand la terre prenait de force les marées montantes
c’était un plongeon en ligne droite aucunes éclaboussures sur les flancs

fuir la loufoque tentation de couler à pic d’enfoncer le clou saillant au thorax
se faire éliminer pour s’épandre comme un adjuvant gelé
l’abstention provoquant des reflux transversaux
des vers lyriques infestant les zones du trépas

y fait beau dehors
n’ai pas de raison de rimer fort
la plaine s’étale au devant
puis la semence se tubérise
t’avais travaillé toute la journée
tes doigts s’écornaient aux jointures
les foins fumaient en secret
pendant que tes cheveux m’embaumaient
t’avais perdu la boule
la romance mûrissait sagement au coin du pâturage
c’était le cheval de la ferme d’à côté
qui revenait au galop grimpant
auprès de sa jument jumelle lavée à l’eau de javel
penaude tirant sur ses fers blancs
la nuit aussitôt tombée
on proclamait les hurlements des loups
au travers des rites
la mythologie où les dieux dansent
à l’échelle des bêtes
la lune engrossée par le globe terrestre
mettant au monde
la frêle existence du destin à parfaire

y fait beau dehors
toujours selon la perspective
de celui qui découvre
les parois étrangères
de son propre salut

compte à rebours à l’envers de 1 à 10 en partant de zéro la charge charnelle en matière avancée pour réapprendre la vie à travers la mort la côtoyer dans sa construction du sens à nous de notre langage la plante des pieds aussitôt posée sur la terre ferme l’oeil du jour ne clignant qu’à l’arrivée de la foudre le coeur parcourt l’effet inversé remonter la pente en train de la descendre l’amour qui se croise au milieu en plein milieu lorsque le plateau se fige à la fleur de l’âge se tient en équilibre le temps de reprendre son souffle de poursuivre sa route les rides dépliées soigneusement le garde-fou prélève le paradoxe construit en miroir ta vieillesse humaine au chaud bercée par le cumul de l’expérience recueillie dans ta régression à l’autre