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juin

l’ermite du temps
sème le silence
un silence fruité
empli d’une sensibilité
empreinte de respect
une écoute
de mots inaudibles

l’ermite parcourt les espaces vides
vierges
aucune trace humaine
pureté d’un décor
sans expérience

l’ermite effleure la nature
sans la déranger
il se love en elle
une aquarelle
peinte à la bouche

l’ermite égraine sa vie
les cendres de son existence
jetés sur la portée d’une douce symphonie
étreinte amicale avec le vent

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l’orgue joue des touches qui volent
effleurement d’une paix blanche
la mélodie flotte la lumière des vitraux l’accueille
l’organe des anges jouissance des tapisseries fines

le silence d’une chorale mystique
des voix versées dans une coupe pleine
un écueil aux lèvres comme seul vaisseau

le saint homme repose sur nos genoux
léger comme le prolongement du souffle
le regard aspiré par les fresques vespérales

la vie est arrivée un dimanche matin
l’aube à peine levée
un filet de lumière au coin de la porte
ça cogne
on ouvre
un panier en osier
minet rose emmitouflé
deux grands puits ronds
écarquillés
et la péninsule de la voix de la mère
prenant le large

délire dru de la rage dans le corps à en revendre tu craches partout vois rouge noir le ciel la terre y a pas de différence le gris n’existe pas ça tourne ben de trop vite autour de toi des flèches arbalète pleine tu te défoules sur ta guitare qui dégueule sur scène t’hallucines ben raide tu sais pus comment te tenir deboutte t’exploses plein de pue t’imploses ça mitraille t’es pus capable ça tombe à renverse y a pus rien qui tient drette y a dix avions qui te rentrent dedans des milliers d’assassins des caméras qui t’observent te poursuivent y a des voix dans ta tête t’es entends toutes en même temps ça arrête pas ça s’amplifie t’en peux pus tu ploies tes genoux plis sous le poids de la haine ta guitare se transforme en requin c’est Jaws dans ta face y te court après les crocs en sang t’en peux pus t’es tombé dans ruelle il y a plein de nids de poule grandeur nature tu trébuches t’es mouillé tu sais pus si c’est de la pluie ou de la sueur tu pleures t’es à boutte t’as une mission tu continues ton chemin à gauche c’est Bush à droite satan y vend de la shit pas le temps de le saluer le trottoir s’enflamme tu vires au vert y a pus rien autour à part du feu le requin géant en gros plan vite sauve-toi dit la femme en blanc t’as pas le temps de délirer le train arrive tu te couches capoute sur la track de chemin de fer pis tu te fermes les yeux pour fuir l’enfer

tes dix doigts
tes dits doigts
tes dix doigts de don
doivent
tout
dix doigts
doux disent
dis-toi
des dizaines
de doigts
tous là
sur le clavier
blanc de noir
dix doigts de Noirs
sur corps blanc

tes dix doigts
Novecento
nous tuent
tutoient l’océan

emportée par le flot
chant des sirènes enchantées
sifflet suave censuré
cachée au fond des fonds rocailleux
marine marinée arrosée au vin rosé
la flotte voyage cherche à croquer les algues
grains de sel granularité du sol sablé
salinité corail incrusté
poursuite fluide d’une nageoire ailée

l’île replonge sous le niveau du seuil
humide solitude sensible
apnée humectée
liaison du plongeon
prolongement du mouvement lourd
les profondeurs d’une surface immolée
engloutie en corps aqueux
cucurbitacée océanique
muses immortelles en manque d’amour

suis patriote
écrire cette langue

de ma race
de mon sang
suis compatriote
mon destin
est le vôtre
mon dessein
à la langue de liberté
c’est un 15 février
fier et grand
levé contre les vents
et en ce jour brumeux
vous salue
compatriotes pendus