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mars

haïku – IV

l’heure du bourgeon
éclore à la fenêtre
du mourant éteint

haïku – III

papillons d’été
frôlant mon monde à naître
ma tête en repos

écrire dans la langue qui m’échappe parce qu’elle me handicape ou est-ce moi qui ne la maîtrise plus la bride sévèrement usée ce français violent transgressant les normes de l’assimilation

oui on le sait vieux débat vieille rengaine mais pourtant si jeunes si récentes encore nos imperfections

ce sont nos voix qui résonnent en canon pendant que des postes à Radio-Can se ferment plus du tiers des pertes dans les rames franco-attardées c’est bon d’achever les mots pendant qu’ils agonisent s’assurer qu’on devienne tous des zombies la langue de bois se passant un sapin alors que notre attention est déviée amputée freinée ou juste droguée en train de s’assoupir dans les limbes affriolantes du talk good in a fucking good english country la langue des forêts bleuies et mises à blanc

consonances au complot comploté en compote conserves affirmées chez les bien conservés combien de temps encore mon existence de langue officielle sera reconnue combien d’années encore à évincer les pauvres parleurs de fraises de rhubarbe et de bleuets qui alignent leurs pneus au lieu de les mettre en parallèle

l’écriture comme prise de position d’abattre les barrières d’enfreindre l’abnégation d’une nation souffrante

c’est l’ablation du risque de résister pareil et toujours la langue des mal-en-point clopinant sur une patte la taillade incisive pour laisser s’écouler au travers des crises identitaires

c’est la marche de l’innocence on se dénonce entre nous comme des chiens battus et après on court dans les rues pour scander des phrases insalubres la marche de l’innocence se perdant sous les gratte-ciel du Montreal money making

il était gai
comme une marque en permanence
sur le front
des tendresses révélées
ses entrailles entravant les moeurs
du pénitent
on ne lui avait pas accordé
le droit d’exister
seul l’exil
et même encore
l’effacement

les marges de rassemblement
en une seule assemblée
revendiquer ses droits d’aimer l’homme qu’il est
et l’homme qu’il aime

orientation séculaire de ceux qui tirent
les straights
qui demandent de s’abstenir
abstinence ou arrogance d’un pronostique coupable
être gai
et libre
et libéré

tension électrique
signal de transmission

musique numérique ou dessin à numéro
état syntaxique d’un téléphone touch tone
amour binaire téléversé en fragments

compatibilité des extensions ou sauvegarde partagée
l’amertume disponible en couleurs Pantone uniquement
l’épaisseur du papier couché
sa pose sexy et pâle à l’appui
l’expression du mépris envers l’autorité des presses

encodage UTF-8 pour « univers traversé par des flèches au moins huit fois par année »
les autres jours consacrés à la navigation circonstancielle du bruit incessant des statuts mis à jour en temps réel
l’unique pensée d’une existence virtuelle – métaphysique humanoïde confinée à l’état d’âme à rendre l’âme à l’état initial
téléchargement limité de l’énergie vitale générée automatiquement
cancer logiciel piraté une puce cyclone ensevelie sous la peau

faible tension
perte du signal