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novembre

des répercussions en triangle intrigue friande trente angles rieuses
les trois pointes suffisantes à la force du vieillissement
le corps en perpétuelle alerte l’alarme déclenchée à la suite d’un ultimatum cru corpuscule minuscule microcosme perpétré
il suffit de souffler pour se réveiller
dans les draps friands d’une tierce personne tronçonnée à coup de douze poinçon paillasson et la chainsaw employée par millier
répercussions percussionnistes la piqûre triste
contact nihiliste des discussions
la lame a beau reluire il n’y a pas de détour possible
c’est un triangle isocèle isolée
dans une étreinte étroite

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du rouge du jaune
orange homogène
teinte de bleu cyan carcasse d’huître
la cantine à hot dog le stand à patate
une petite fille avec un cornet de crème molle
la robe soleil
aux reflets roux
les espadrilles
du sable qui irrite les orteils
les pouces plongés dans les sillons de l’eau

l’heure de la sieste
enfantillages – un seau et une pelle
couleurs vives en plastique FisherPrice
la serviette de plage à plat
imbibée d’huile à bronzer
protection UV comprise les rayons à date fixe

les doigts posés dans le souvenir du clavier monochrome
l’air ou la mélodie du signe
2 h de l’après-midi en plein quart du plein jour au sommet du summum de juillet
récurrence du temps qui roule le temps
piano novembre
ou pluie qui tombe dans mes oreilles

de petites lunettes ovales posées sur l’extrémité du bout du nez la lecture cernée bleuie au matin qui embrume sans attendre le signal dans son environnement immédiat jonchaient des pyramides précaires de journaux jaunis relatant les faits journalistiques d’une autre époque à la recherche d’une vérité qui leur est propre la une pamphlétaire des titres tronqués sur la place publique à la vue et au su de tous sans pour autant avoir d’impact comme une mise en scène burlesque pratiquée en plein milieu d’un stationnement vide d’une usine désaffectée ce ne sont que les rats rongeant les gonds de l’incertitude qui ont accès aux annonces classées périmées on n’a pas à s’enfermer pour sentir le renfermé l’odeur émane automatiquement au moment où la tête se déconnecte du sol se détache du tronc des pieds se laissant aspirés par les tracas du passé de nos erreurs chamboulant les cocons cotonneux du citoyen moyen se prenant pour une autruche cruche trichant son voisin avec la voisine de pallier il fallait se pincer pour ne pas pouffer de rire se laisser choir dans les hangars hagards l’harmonica en bouche pour une autre virée interstellaire ses petites lunettes coincées les narines respirant l’azote liquide densifiée la dose d’actualités causant un ralentissement majeur ayant le même effet qu’une overdose de barbituriques concentriques le barde entériné jouant quelques notes timides son hôte à l’agonie à l’abandon d’un don débile la fille cernée jusqu’à la moelle morte par prétexte dur d’avoir menti une fois de trop à son ex le loup n’ayant pas eu le temps de s’enfuir ni de réaliser la paire de lunettes reposant sur le coin de la table des artefacts en pile pêle-mêle légués son testament tremblant sous ses lunettes repliées

suis enragée comme
une chienne qui a mal
les crocs serrés à s’en
percer le canal
ai presque honte de prononcer
dans un mauvais français
l’estime de mon ignorance

n’avais pas demander de
naître en chien de fusil
renfrognée par en dedans
les yeux noirs au fond du fanal
les yeux noirs grand ouverts
le chenil du bout du chemin
ramoné aux traverses
d’un peuple en voie d’extinction

quand frôle les gratte-ciel
suicidaires du centre montréalais
y a des frissons qui me parcourent
le tympan peu enclin à s’assimiler
l’anglo en fête et ma propre
langue reniée
aussi inutile que les pigeons
trottant tranquillement

ai rêvé d’une liberté moins vicieuse
les cordes vocales criant dans un langage
clair et familier

suis enragée par l’immobilité politique
s’isolant dans une privatisation
d’indépendance salutaire
pourquoi Miron ma mire aux 101 fragilités
pourquoi l’oubli ou le repli
l’indifférence
notre mort la tienne la mienne
la nôtre partagée travaillée
le Québécois dans l’investiture d’une
file d’attente
perdant l’essence de sa raison d’être

suis pas là
c’est indiqué « fermé »
sur ma porte
placardée

suis pas là
les lumières éteintes
me font sombrer ailleurs

suis pas là
pour personne
suis pas là
pour moi-même

suis partie
un vendredi matin
c’était la fin
d’un mois de novembre

suis partie
sans partir
c’était juste un vendredi

suis partie
sans comprendre
c’était la fin
d’un mois de novembre

totem tantra
tu t’es dit excentrique
toi toute trempée
totem empilé
tantrisme empirique
philanthropie anti-tantrique
de mal en pire la trompe tamponnée
tu ne t’étais pas trompée
la trompette inspirée
tu ne t’étais pas tirée
la tire bien figée
tu mentais tantôt tantra tantôt atrophiée
ta tirelire en délire la satire transpirée
trampoline toute trouée trop de tentatives gaspillées
la tombe au tombeau totemifié
la momie mortifiée tend les bras bandelettes ramifiées
rameaux aux râles pâles du chaman
ou l’érection freudienne du totem tonique
parricide tantrique au karma contrôlé
les fils novices du kamasutra
t’avais dit totem tantra
trois fois de suite comme une incantation
aux cantons décantés
après l’enterrement
au nom du père et du fils et du saint Tantra
Totem

suis dans le métro Berri
on baigne dans une chaleur suffocante
ça sent les tunnels le renfermé les rats d’égout le reflux gastrique les impotences sarcastiques l’ivresse la monnaie sale et le refuge global
n’y a pas de machines à sous mais c’est tout comme les guichets à caissiers fermés barrent les tourniquets à coup de matraque derrière la vitre un macaque clandestin ne sachant plus épeler d’autres choses que les règlements d’indignations suppliées les gardiens de sécurité fouillant du regard les marauds dépourvus d’identité leur carte dévoilant l’absence de leur innocence
des vieilles dames en papier mâché remisées sur des bancs usés surexploités par les fesses lâches ou fatiguées
il n’y avait plus d’eau au dépanneur l’heure était dépassée par le propriétaire aux propriétés hybrides
des paniers de Noël clinquant les passants pressant la presse empressée

suis dans le métro Berri
entre les stations entre les wagons coincés dans des lignes orange ou verte
il y avait des signes réfractaires aux rosées de l’aliénation
les écrans géants projetaient sur le large une étendue allongée
en diagonale la vision nette et droite de la propulsion de ma propre mort l’accrochage latéral d’une poussée mal intentionnée à la station Berri direction Montmorency
la voix automatique annonçant systématiquement une interruption de service
intervention ambulancière chahutée trop tôt par une indifférence généralisée