archive

octobre

ton trognon de pomme se tord de douleur se frotte les pépins sur des phrases trop mûres il y a des abeilles bourdonnant leur miel dégoulinant sur le crâne creux de nos aïeux il y a des ouragans qui se soulèvent et ça sent les dernières rumeurs aux couleurs d’une fausse naissance d’une renaissance brûlée au plus haut degré le houblon traîne sa faute dans les mégots écrasés sous tes bottes agencées à tes jambes trop maigres tu pues la pute pleine de pue remplie par les instincts du bas ventre qui tremble du bas fond qui s’effondre tu n’as pas envie de fuir parce que ta fente fuit sans cesse et ça tourne à l’envers jusqu’aux lueurs anciennes l’enfance presque blanche calquée indélibile sérigraphie des temps modernes pourtant le fléau ne s’effrite pas il attend avec fureur que l’on s’entretue la carapace ouverte la carcasse exposée aux charognards toujours friands de se servir à même la source vive du désarroi humain

Publicités

entrelacs entrelacés la plèbe remonte se rattache à la surface rabougrie la boule de feu bouge bifurque se fraye une trajectoire trempée sur la strate tempérée du bout du monde bricolé une poussière puce nuisible placardée sur les différents babillards blafards

c’est le début d’une nouvelle symphonie elle s’étale devant vous vous ne la voyez pas c’est elle qui vous observe elle s’inspire de ce qu’elle voit pour se composer par elle-même sur un ton tranquille presque méprisant la reprise surprise là où il est encore possible de prendre sans redonner le don denrée épuisée puits parcouru seul please I don’t cry if you leave me mais s’il te plaît lâche ce mépris me méprendre dans une éternelle attente glauque d’un lendemain de veille au Couche-Tard

resserrement censure sortilège longe en moi une sortie de secours qui se tisse sans issue
un long fatras de fils affiliés appartenance transe d’une angoisse spiritualisée
des trémolos dans les gonds grinçants de mon impénétrabilité jalouse

papier couché mat l’impression intacte d’une mort prématurée le tracé sur l’asphalte laissant le contour d’une silhouette le corps le cran enclanché sur un semi-automatique

assise sur un tapis d’écume blanche
elle espère qu’on va venir la sauver
elle
qui ne quitte jamais les draps tièdes de sa paresse sans fin
où la contemplation du plafond reflétant le passage des heures paraît presque irréelle

la couleur de l’iris tirant sur le violet
effet stroboscopique
l’oeil tendu vers une main saccadée
les doigts boudinant l’aspect concret d’une histoire illogique
les astres l’entourant de leur pourtour agencé

elle
la Louise qui frise au fer chaud
assise ou allongée le visage au repos
les traits polis de la poupée de porcelaine
le regard figé sur un fond opaque
au contact poreux
l’irrésistible provocation là où la simulation s’impose au simulacre

il ne savait même pas qu’il allait mourir
il ne voulait pas le savoir
ne pas s’en rappeler
faire en sorte de persister au-delà du temps

il s’en doutait
qu’un jour
il devrait renoncer
à lutter

mais machinalement
son corps lui dictait le moindre mouvement

pendant que les loups le guettaient

à chaque tournant des gueules ouvertes
à chaque tournant des alvéoles miséreux
l’envie de disparaître
ou de s’engouffrer dans le noir

le désert de son ombre
épuration fantomatique
ou sophisme de la plus pure absence d’être

mouvements souples et fluides des frottements répétitifs soutenus armés de la lame pure d’un archet bien effilé le mime sonore d’une brise printannière secouant fébrilement les arbrisseaux se réveillant dans les premières lueurs du soleil

la grande maison blanche de Sainte-Angèle-de-Monnoir, avec ses portes bleues, cette grande maison debout les pieds bien à plat sur le sol argileux des champs de blé d’Inde à vache bordant les remparts des deux seules routes parallèles du village

toi marchant sans craindre d’oublier au passage de ranger le passé de le mettre sous une cloche de verre sous vide l’auréole entachée des années à s’entasser dans l’oubli où la question qui surgit est celle d’une lutte à ne pas disparaître derrière mes os aigris fondre au plus vite pour que tout ça arrête

et les deux tilleuls vainqueurs les gardiens feuillus ayant survécu au verglas grandiose éloquence de l’état de nature aux devantures infrangibles

d’une lenteur extrême elle avance
le ventre traînant par terre
l’échine ronde comme sa plainte rauque qui râcle les fonds de tunnel

les égouts refoulent leur haine la nausée désordonnée
ça bout de l’intérieur les remords fument et crachent leur gorge noire

l’étreinte sale entre la honte brute et la hantise de finir comme un macchabée encore vivant dans l’âme mais trop fatigué les yeux brouillés par la suie épaisse qui obstrue toute envie de se relever

tu te lèves pour prendre une gorgée d’eau la bouche sèche remplie d’un air ébahi la carcasse de tôle frottant sur le bout des ongles les phalanges étrangement écartées pour laisser passer l’agonie tu te frottes les yeux du coin de l’oeil et t’observes le vent s’affoler sur la tête des passants qui tremblent d’impatience le cou rentré par en dedans et les épaules refluant l’excès du stress éreintement soudain d’une souche de panure saupoudrée d’huile à moteur tu démarres l’ascenceur et les morts carabinés ne survivent jamais