archive

septembre

le sage a d’autres choses à dire
ça se dit dans le silence
c’est inaudible
tendre l’oreille ne suffit pas
il faut tendre la joue et la main se délie
le sage ne remue pas les lèvres
économise sa salive
les temps de sécheresse sont à venir
et la liqueur ne se partage pas

le sage a souvent rien à dire
parce que les mots ne suffisent pas
que la parole se lit sans la langue
les yeux analphabètes indolores aux écueils

l’oeil mi-fermé
la caresse du vertige
l’homme clairière à mi-chemin
entre la femme mortifère
et la femme enfantement

Publicités

l’endroit est neutre
il s’assoit sur ses genoux
se met à analyser les tuiles
contemple les marques d’usure
la moisissure colmatée
la plomberie comme un art
ancien du maniement du sabre
trois générations d’intempéries
la chaleur du soleil canalisée en son sein
la perpétration solidaire
l’horaire en partage
et au sous-sol une bombe

la faille en faillite il ne fallait plus feindre ou gémir la franche affranchit au front frêle le frontispice atrophié la potence des mots jouant dans la balance

juste frémissante devant une vérité ondulée

frustration enfarinée devant la foule farouche scandant la démence renforcée par le nombre la fenêtre ne m’est jamais apparue fermée c’est moi qui l’aie ouverte pour laisser la neige fondre laisser entrer le frimas se fige sur les feuilles lorsque les flocons virevoltent et fraternisent avec l’épisode de la fin

fantasme féminin d’une seconde noyade

prendre le traversier pour prendre le Nord
on est parti un dimanche matin
la poudre remplie de nos errances
on n’avait plus le temps
les lendemains nous attendaient tôt
il fallait suivre les indications
semer des kilomètres en pot
les chemins pliés dans mon sac à main
le coffre à gant comme un cube d’espace concentré
des lunettes fumées pour disparaître
le toit ouvrant pour nous enfuir
la tête trimbale la fuite perpétrée
devant nous un orignal au panache boisé
la forêt Boréale montée sur ses pattes
la droiture d’une forêt d’épinettes noires
et les taches carrosserie rouillée
imprégnées du goût humain
d’une faune fière
d’un dimanche imprimé sur un trente sous

le viaduc vandale la zone grise sous les pilonnes pierres tombales leur force fragile craquelure enchaînée la courroie de fer soulève le pont en apesanteur interférences irrégulières ou le coma trauma le gars sans peau n’a plus de bras des bouts de cigarettes Popeye grignotés à moitié le squelette dévoilé un fond d’air vicié

le bar à viande froide s’expose l’envers de la chaire offert sur un ton vulnérable il y avait là l’autre bord de la rive des regards creux des orifices vides l’orbite qui broute de l’herbe

la femme à bras gravite des greffes de peau s’achèvent le choc du contact électrocute percute la carapace de l’autre l’abri du trépas ne protège pas les rebuts échus famines se répercutant dans l’écho familier le son solitaire en réponse à notre propre solitude

pas trouver ses mots pas les trouer les fouetter les battre les tirer à coup de douze pas trouver le sens de sa propre personne qui perce des flèches flancher crier trier des lettres d’explosion massive le beat qui pète les plombs la bête approche tu ne la sens pas elle pue panthère ou chaise pliante plante déchue tu ne me crois pas quand j’te dis ou que j’te crie en malade qui pleut pus dehors que ça sèche par en dedans la peste ou le torrent on ne sait pas trop où que ça s’en va y faut pas que tu me frenches y faut pas que tu t’accroches à moé s’il te plaît t’es laid s’il te plaît t’es laid pis j’t’aime pas

y fait chaud dans cabane la crèche brûle

ça capote les fenêtres clapotent on entend du slam partout la porte ne ferme plus les toilettes publiques abondent débordent les excréments ça se répand pis pendant ce temps là on se demande pourquoi ça va mal pis on se demande pourquoi ça ne va pas tsé pis on se brosse les dents pour combattre le tartre la carie pis la folie ne suffit pas t’as-tu vu ça le dentifrice frise la crise de nerfs sur mon comptoir magané pis y sont où les masses de révolte c’est quand qu’on va arracher les pancartes électorales le mois d’octobre es-tu pour bientôt

tsé on pense avoir trouvé la voie lactée ne me faites pas rire on pense avoir trouvé la voie lactée hahaha rire à s’en bidonner vider le bidon d’essence pour tout faire sauter hahaha vous me faites bidonner le bidon d’essence à vider tout faire flamber ma gang de porcs hahaha les cicatrices qui crament y a pas personne pour me calmer y a pas personne pour me bercer hahaha des rires aux éclats pendant que les obus tempêtent le ciel ma gang de porcs pendant que les obus tempêtent le ciel

éclectique soirée
ta guitare mon amie
autour d’un petit feu gentil
il y avait les branches d’un saule
et ma main sur ton épaule

me suis couchée
le dos arqué sur la terre plate
les omoplates tapées au centre
l’arc voûté du monde semblant s’écrouler
un mobile sans fil suspendu au vent
on peut souffler dessus doucement
ça lui donne vie

me suis jamais relevée
me suis désagrégée
dans la beauté la tienne la nuit le fruit mûr qui nous emporte au loin

conglomérat d’étoiles perché sur ta nuque
posé là où mes lèvres t’ont aimé