épine dorsale déviante la colonne alourdie par les passages incessants des transports en commun la commune mesure transportée à tous les arrêts des banlieues périphériques des terrains vagues semant des faiseurs d’enclumes des remueurs d’amertume la mélancolie attachée au rétroviseur

s’étendre le bras pour prendre l’appréhension de donner de recevoir d’être reçu la sensibilité à fleur de peau la farine saupoudrée légère sur les comptoirs encombrés doses plus ou moins subtiles de kérosène

chantier à découvert nourritures intellectuelles le rouleau à pâte mâtant la recette de s’être déplacé la quantité incorporée aux cernes de fatigue la phrase assassine en train de cuire à 370 degrés

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suis sexe
m’essuie sur ton manche
m’avale en aval l’haleine la mienne
tiédeur mouillée de mes lèvres

suis sexe
par dessus toi
t’englobe le membre en moi
le séisme du courant de mes hanches
résonne

suis sexe
à l’extrême la femme
aux cheveux longs
l’extase dans tes doigts
qui m’exploitent

suis sexe
à la vie à la mort
emporte-moi
prends-moi bien fort
mes cuisses plissant
devant ton silex

suis sexe
la moiteur
de mon intérieur
te tapisse
l’embout

suis sexe
entre mes côtes
mes munitions
.357 Magnum comme calibre de chasse à l’homme

suis sexe
à l’arme pointée
qui se braque à l’armature

tu croyais couper court
alors que tes traits s’allongeaient
tu désirais avoir la foi
tenter d’épurer tes rêves
transcender la réalité

tu voulais mettre en poudre ton passé
le moudre et mordre à pleine dent le moment présent

la moulure de ton espace restreint
et l’infarctus de ton cactus mental

trop de trucs de tracas cacatoès
les calculs calfeutrés de ta survie
retenus à la source

flagellation mélancolique
tes phrases me giflent
une à une elles s’écrasent
sur mes joues échaudées
ton pouce enflé
au couleur de tes verbes brûlants

tu me surchauffes les tympans
qui se perforent
sous l’affaissement des perséides
trempées dans les ultra-sons

elle est morte à la bonne date celle qu’elle avait choisie c’était important pour elle de terminer ses besognes d’expier la plupart de ses tourments toute sa vie durant réglée au quart de tour à 6h la levée l’entraînement la brasse se propulsant au podium

elle poussait de ses larges nageoires la connexion des branchies à l’air extérieur dépaysement elle tentait le moins possible d’aspirer le chlore

pour se constituer une charpente ses arêtes aussi dures que l’azur ses dents à l’émail pur trente années à se déchaîner la nage olympique les compétitions les courses contre la montre chaque centième de seconde comme des fractions à retenir ayant le pouvoir de réchapper une année entière d’endurance

mais l’assaut l’usure une fracture facture fatale la somme de sa lassitude ses ascensions prenant trop de place des vieillesses doublées au carré la racine qui se frictionne à l’alcool distillée

l’embargo et le piano du 20e répondant au montant de la chute c’était la bonne date celle qu’elle avait prévue ou souhaitée lorsqu’elle complétait ses réchauffements avant d’étreindre les limites

une carcasse médaillée à plusieurs reprises et reprisée maintes fois pour répondre aux souhaits de la famille

départ départi l’exposition maintenue le salon mortuaire tel un gymnase au repos obligé la serviette allongée sur le cercueil comme un tissu enveloppant les sarcophages les plus fameux

un mémorial à sa santé

à l’autre bout de la passerelle
un homme
sa carrure plombe
revêt le noir
du grand corbeau

il attend surréel
l’immuabilité du brouillard
laissant entr’apercevoir
ses contours imposants

l’inquisiteur du pont
stationné à l’entrée de ses pieds
le poids de sa gravité
franchissant la doublure de son menton

chevalier ténébreux ou cowboy funeste
il encombre sa stature
pour intimider
l’angoisse palpable de sa vision

de l’autre côté
à l’autre extrémité
le duel des peaux
l’adversaire paré à l’assaut

l’épaisseur de l’eau
lorsqu’un plongeon bouleverse

faire les cent pas
arpenter les corridors
qui nous empêchent de pénétrer
à l’intérieur des chambres secrètes

ici le temps n’a pas d’emprise
il traite tout le monde de la même façon
rien ne le retient
aucune dette
aucun rendez-vous urgent
que des listes d’attente interminables

le temps ne tourne pas
il rampe
se traîne du mieux qu’il peut
entre les horaires de nuit et les quarts du matin

horde des peinturés bleus
le masque de fer à souder
couvre de reculons les transitions

faire les cent pas
pour la énième fois

ma mère pétrie au fil des ans
qui se prolonge
le métier à tisser les âges dans le rouage

la roue vieillie
et comme toute poulie
lâche
à l’usure